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 Les alchimistes........

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nymphéa
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MessageSujet: Les alchimistes........   Jeu 22 Mai - 13:57


Le secret de ceux qui transforment le plomb en or...

Changer le plomb en or est probablement, avec le desir d'immortalite, l'un des plus vieux reves de l'homme.

Or,
les alchimistes, dans le secret de leurs laboratoires aux multiples
cornues et alambics, on toujours pretendu pouvoir realiser la
transmutation de metaux vils (plomb, etain, cuivre, fer) en metaux
nobles (or, argent)
.
Mais yu sont-ils reellement parvenus ou bien ont-ils pris, par erreur,
pour de l'or ces cristaux jaunes et brilliants d'oxyde de plomb -
inconnu avant le XXe siecle - qui sont apparus au fond de leur creuset
lors de la fusion a haute temperature de ce metal ?


Il convient de preciser, pour etre totalement
exact, que cette transmutation du plomb en or (appelee le Grand oeuvre)
n'est, pour les alchimistes, qu'une
etape initiatique sur le chemin de la decouverte de la pierre
philosophale.
De Nicolas Flamel (illustre chercheur du XIVe siecle devenu
soudainement riche)
a Fulcani (mysterieux alchimiste du XXe siecle et auteur du celebre
livre Le mystere des cathedrales)nous allons nous approcher dans cette
page des secrets de ces hommes qui, en cherchant le fameux elixir de
longue vie et en traquant les mysteres de la matiere, ont tres
certainement contribue
a l'avenement de la science moderne.

En l’an de grace 1666, deux jours apres Noel, un etrange visiteur,
a l'aspect peu engageant, se presente au logis de Friedrich Johann Schweitzer, medecin du prince d'Orange
: “ De taille moyenne, il avait un visage plutot allonge, legerement
grele de petite verole, une chevelure sombre, sans aucune trace de
frisure, et un menton imberbe. I1 pouvait avoir quarante-deux ou
quarante-trois ans et
etait natif des provinces du Nord. ” Comme on peut le voir, l'eminent
chirurgien, auteur de plusieurs traites de botanique et de medecine,
etait un observateur aussi attentif qu'objectif. Apres avoir echange quelques banalites d'usage, l'inconnu demande
soudain a Schweitzer s'il se croit capable de reconnaitre la pierre
philosophale si on la lui mettait devant les yeux. Singuliere question!
La pierre philosophale, dont les alchimistes cherchaient a percer le
secret, avait, disait-on,
le pouvoir de changer en or les metaux ordinaires. Sous une forme liquide, la meme fabuleuse substance, dite “
elixir de longue vie ”, etait reputee pour guerir tous les maux et assurer une extraordinaire longevite.

C'est alors que le visiteur sort de son gousset une petite boite
d'ivoire. A l'interieur se trouvent trois morceaux d'une matiere
pesante et translucide, d'une pale couleur soufree, chacun de la taille
d'une petite noix. “ Voici, affirme l'etranger, la precieuse substance
dont les alchimistes ont si longtemps cherche le secret. ” Schweitzer
s’empare avidement de l'une des “ pierres ” pour l'examiner et supplie
son interlocuteur de lui en laisser un petit fragment. Celui-ci ayant
refuse, il parvient neanmoins, avant de lui restituer l'objet,
a en detacher subrepticement un minuscule eclat avec son ongle.

Des que son visiteur l'a quitte en lui promettant de revenir dans trois
semaines pour lui montrer “ certaines experiences ” curieuses ” ,
Schweitzer se precipite dans son laboratoire.
Il fait fondre un peu de plomb dans un creuset et ajoute alors la parcelle qu'il a derobee.
Mais le metal ne se change pas en or : “ La plus grande partie de la
masse de plomb en fusion se repandit, et il ne resta au fond du creuset
qu'une sorte de depot vitreux. ”
Notre chirurgien attend donc avec impatience le retour de son
mysterieux visiteur - sans trop y croire, toutefois. Pourtant, tres
exactement trois semaines apres cette premiere entrevue, l'etranger est
devant Schweitzer. Il refuse tout d'abord de laisser le medecin
contempler encore une fois la pretendue pierre philosophale, puis il se
laisse flechir. “ I1 m'en donna alors une infime quantite, guere plus
grosse qu'une graine d'oeillette ou de navet, en me disant : “ Reçois
une parcelle de cet inestimable tresor, pour lequel les rois et les
princes Pour le moins ingrat, Schweitzer fait remarquer qu'il n'y a pas
la de quoi transmuter en or plus de quatre grains (environ 0,21 g) de
plomb. Vexe, l'inconnu lui reprend des mains le minuscule morceau et le
coupe en deux, jetant l'une des moities dans l'atre en s'ecriant : “
Meme ceci est encore suffisant pour toi ! ” Schweitzer lui avoue alors
son precedent larcin ainsi que l'echec de sa premiere tentative.


L'etranger eclate d'un rire sardonique et declare : “
Tu es certes plus habile
a derober le bien d'autrui qu'a preparer tes drogues. Sinon, tu aurais
su qu'il etait necessaire d'enrober cette substance de cire vierge afin
qu'elle ne soit pas corrompue par les vapeurs deleteres du
plomb
. De la sorte, elle aurait pu penetrer au coeur meme du metal et le changer en or. ”
de la terre donneraient leurs biens les plus precieux ”.

La-dessus, il promet de revenir a 9 heures le lendemain matin et
d'enseigner au chirurgien la methode
a suivre. “ Mais je ne le vis pas le lendemain, pas plus que les jours
suivants. La seule nouvelle que j'en eus ce jour la fut un billet reçu
a 9 h 30 ou il s'excusait d'etre retenu par des affaires pressantes et
ou il m'assurait qu'il viendrait
a 3 heures de l'apres-midi. II ne vint pas davantage, et je n'ai pas eu
de ses nouvelles depuis lors. Sur quoi, je commençai a
eprouver de serieux doutes a propos de cette aventure. Et j'aurais sans
doute renonce si ma femme, ce soir-la, ne m'avait harcele pour que je
tente encore une experience, me disant qu'elle ne trouverait pas de
repos que je n’aie fait encore une tentative. La voyant ainsi
tourmentee, j’ordonnais qu'on allumat un feu dans mon laboratoire, en
pensant en moi-meme : “ Helas, les belles paroles de cet homme se
reveleront sans doute vaines et trompeuses... ”




Ma femme entoura la precieuse matiere de cire vierge et je preparais une once et six drachmes de vieux plomb que je mis
a chauffer dans un creuset.
Quand le plomb commença a fondre, ma femme y ajouta la boulette de cire
renfermant ladite substance. I1 se produisit alors un bouillonnement
intense, accompagne de sifflements, si bien qu'au bout d'un quart
d'heure la totalite de la masse de plomb s'etait transformee en or fin.



Le lendemain, le philosophe Spinoza, qui demeure non loin de la,
vient examiner l'or ainsi obtenu, et il se declare convaincu de la
sincerite de Schweitzer. Puis c'est
a l' “ essayeur ” patente de la province que l'on demande de verifier
le titre du metal, que l'orfevre Buectel soumet
a divers autres tests. Les resultats sont concluant : c'est bien de l'or, et du meilleur
aloi
.
La bonne foi de Schweitzer ne peut guere etre mise en doute. Ce medecin
repute, cet esprit scientifique
etait incontestablement un observateur objectif, peu suspect de fraude
ou de mystification. Et cependant, ce que nous savons aujourd'hui de la
structure de la matiere, et plus particulierement des proprietes des
metaux, nous interdit
evidemment de croire a la possibilite d'une telle transmutation.


Schweitzer n'est d'ailleurs pas le seul savant de son temps qui crut fermement
a l'existence de la pierre philosophale
.
D'autres hommes de science eminents ont affirme avoir realise - ou vu
de leurs propres yeux - la transmutation de metaux non precieux en or.
Tel est le cas du grand chimiste flamand Jan Baptist Van Helmont, qui
fut notamment le premier
a affirmer qu'il existait de nombreux autres gaz que l'air (il est
d'ailleurs l'inventeur du terme meme de gaz, derive du mot chaos).
Quelque vingt ans avant que le mysterieux etranger ne rendit visite a Schweitzer, il
ecrivait : “ A la verite, je l'ai contemplee (la pierre philosophale) de mes propres yeux et
a plusieurs reprises, et je l'ai tenue de mes mains.





Les
quatres elements selon la theorie d'Aristote. Chacun d'eux est
caracterise par 2 "qualites" complementaires. La terre, l'eau, l'air et
le feu que nous connaissons ne sont que des approximations impures de
ces etats idealises.


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MessageSujet: Re: Les alchimistes........   Jeu 22 Mai - 13:58

De cette matiere pesante, couleur de safran pile et brillant de
mille facettes comme de la poudre de verre, il me fut donne
l'equivalent d'un quart de grain (soit 16 mg)... J'ajoutai cet
ingredient
a huit onces (environ 230 g) de vif-argent (mercure) que j'avais fait
chauffer dans un creuset. La masse de vif-argent entra alors en
effervescence puis se solidifia immediatement, offrant l'aspect d'un
magma jaunatre. Une fois transvase hors du creuset et refroidi
a l'aide du soufflet, ce bloc compact se revela etre de l'or le plus
pur. Apres verification, j'en trouvai huit onces et quelque onze grains. ”

Van Helmont fut si impressionne par ce resultat qu'il decida de
baptiser son jeune fils Mercure. A la meme
epoque, Johann Rudolf Glauber (1604- 1668), celebre physicien et
chimiste allemand, pensa avoir decouvert l'un des ingredients de la
pierre philosophale dans les eaux thermales de la station ou il suivait
une cure. La substance qu'il avait isolee - et que nous appelons depuis

sels de Glauber ” - n'etait en fait que le tres banal sulfate de sodium, repute pour ses proprietes laxatives mais tout
a fait inapte a transformer un quelconque metal en or ! Il est vrai que
les plus
eminents savants etaient alors convaincus que la transmutation des
metaux etait realisable. Et, parmi eux, Sir Isaac Newton, Descartes,
esprit rationnel s'il en fut, et Leibniz.

Robert Boyle lui-meme, qui, dans son ouvrage The Sceptical Chimist
(1661), demontrait l'arbitraire de la theorie aristotelicienne des
elements (admise alors par la plupart des alchimistes), demeura
neanmoins persuade qu'il
etait possible de transformer les metaux en or. Il
s'agit la d'un tres ancien concept, qui plonge ses racines dans les
premiers
ages de l'humanite et qui fut transmis a l'Europe medievale par les
Arabes. Lorsque ceux-ci envahirent l'Egypte (qu'ils appelaient Khem),
au VIIe siecle de notre
ere, ils decouvrirent que les Egyptiens etaient passes maitres dans
l'art de l'orfevrerie, qu'ils baptiserent alkimiya (“ l'art du pays de
Khem ”). Telle est du moins l'une des hypotheses proposees en ce qui
concerne l'origine du terme “ alchimie ”.


Une peinture murale egyptienne du XVIIIe siecle avant notre ere. On y
voit des orfevres (a gauche) et des menuisiers. Ces artisans habiles
pouvaient
fabriquer des alliages qui imitaient l'or a la perfection.
En explorant la fameuse bibliotheque d'Alexandrie, les Arabes
decouvrirent les ouvrages des philosophes grecs, et en particulier ceux
d'Aristote, qui vivait au IVe siecle avant notre ere et que
l'on peut considerer comme le premier grand savant occidental. Les
precieux manuscrits furent recopies, puis traduits, et se repandirent
dans l'ensemble du monde arabe.

Les theories d'Aristote reposent sur l'unite du principe de la
“matiere”, qui ne possede en elle-meme aucune propriete physique
specifique, mais
a laquelle peuvent etre imprimees differentes formes. Notons que par le
terme “ forme ” il n'entend pas seulement les contours concrets, mais
toutes les proprietes physiques ou chimiques caracteristiques d'un
corps ou d'une substance; proprietes qui peuvent se resumer
a quatre caracteres essentiels : l'humidite, la secheresse, le chaud et le froid.
Ces caracteres primordiaux sont incarnes par les quatre
elements le feu (qui est chaud et sec), l'air (qui est chaud et humide;
exemple : la vapeur), l'eau (froide et humide) et la terre (froide et
seche).

A partir de cette conception du monde sensible, on arrive logiquement a l'idee que chaque substance specifique resulte de la combinaison des quatre
elements de base, dans des proportions variables.

Prenons l'exemple d'une buche de bois vert mise dans le feu : sous
l'effet de la chaleur, on voit tout d'abord se condenser
a la surface du bois de fines gouttelettes d'eau qui ne tardent pas a
se transformer en vapeur. Puis le bois se consume, donnant donc
apparemment naissance aux flammes. Enfin,
a la fin de la combustion, il restera des cendres, c'est-a-dire de la “
terre ”. A partir de la, on peut donc aisement imaginer la
transformation d'une substance en une autre : il suffit de modifier -
par addition ou soustraction - les proportions des differents
elements.

Les Arabes avaient ete impressionnes par l'extreme habilete des
anciens orfevres
egyptiens, qui etaient notamment capables de traiter et de colorer
certains metaux usuels de maniere a leur donner l'apparence de l'or.
Ils en deduisirent que les clefs de leur savoir residaient dans
l'application des theories d'Aristote, et ils entreprirent
a leur tour de longues et patientes recherches en vue de retrouver les
secrets des Anciens...
Pendant des siecles, les savants arabes allaient effectuer des experiences dans ce
sens.
Au cours de leur travaux, ils decouvriront nombre de proprietes et de
lois qui constitueront les rudiments de la chimie moderne, mais ils ne
parviendront jamais
a changer en or un quelconque metal. Toutefois, l'un de ces philosophes
et savants arabes, Jabir Ibn Hayyan, apportera une contribution
importante a la doctrine alchimique.
Le schema du grand Aristote modifie par le philosophe arabe Jabir Ibn Hayyan. Deux principes fondamentaux sont mis en
evidence : le mercure et le soufre

Selon Aristote, la fumee se degageant lors de la combustion se rattachait par sa nature
a la terre, par opposition a la vapeur se degageant au cours de l'ebullition

: les mineraux ou les pierres dont la structure n'est pas modifiee par
le feu, releveraient donc du meme principe terrestre, tandis que les
metaux, qui se liquefient, devraient
etre associes a la vapeur.

Jabir suggera pour sa part que la vapeur produite par un liquide en
ebullition representait un
etat intermediaire entre l'air et l'eau : la vapeur pourrait se
transformer en un nouvel
element qu'il appela “ mercure ”, terme qui ne designe pas le metal que
nous connaissons, mais une substance ideale reunissant les qualites de
brillance et de fluidite. De meme, la fumee constituerait un
etat transitoire entre la terre et l'air et serait susceptible de se
transformer en “ soufre ”, presentant
a la fois les avantages de la terre et des matieres combustibles. Selon
cette theorie, les differents mineraux et metaux presents sur terre
resulteraient de combinaisons variees de soufre et de mercure.
Jabir, poursuivant ses recherches, entreprit de distiller les matieres organiques les plus diverses
(c'est-a- dire de provenance animale ou vegetale). Dans tous les cas,
il obtint d'abord un liquide (qu'il identifia
a l’eau, puisqu'il etait froid et humide), puis une “ huile ” (qui,
etant chaude et humide, devait
etre rattachee a l'air), puis une substance coloree et combustible
(pouvant etre consideree comme du feu), et un residu noiratre,
appartenant a l'element terre. II pensa donc avoir isole les quatre
elements d'Aristote. Il decida alors de “ purifier ” chacun de ces
quatre elements afin d'en isoler chaque “ qualite ” specifique. En
distillant l'eau 700 fois de suite, il obtint, nous dit-il, une
substance blanche et brillante se cristallisant comme le sel.
Il pensait ainsi avoir mis en evidence le “ froid intrinseque
”. De meme, il entreprit d'isoler le “ principe humide ”
a partir de l'huile obtenue et le “ principe sec ” a partir du residu
noir de nature terrestre. Quant au “ principe chaud ”, isole de
l'element colore, il le decrivit comme une substance rouge,
transparente et brillante. C'est cette substance que les alchimistes
europeens appelleront “ pierre philosophale ”.

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